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     Les arbres sont comme nous, des êtres vivants verticaux. Une invitation, me semble-t’il, à les considérer comme des frères, des frères généreux, qui nous dispensent leur ombre en été, et nous accueillent pacifiquement quand nous pénétrons dans leur domaine forestier, nous faisant partager leur tranquillité.
     Voici l’arbre doré qui veille sur la ville. Il aime cet endroit et ceux qui y vivent. Les gens viennent parfois sous son feuillage rafraichissant, ils y laissent leurs fatigues et leurs soucis. Au contact de son tronc rugueux, ils prennent une part de l’énergie de la terre qui circule en lui et repartent plus forts vers les aléas de leur vie. Dans la contemplation des jeux de l’ombre et de la lumière dans ses feuilles mobiles, ils se rassasient de la beauté de la nature. Dans l’écoute des chants des oiseaux qu’il héberge, ils goûtent un moment d’insouciance et de bonheur.
 
Le petit marronnier
     Non loin de chez moi, dans notre lotissement, a été planté un petit marronnier. C’était en 1989, pour le bicentenaire de la Révolution, et c’est donc un arbre de la Liberté. Les enfants de l’école étaient venus et avaient fait des rondes et des chants en son honneur.
     Eh bien, ce petit marronnier, on ne lui a pas laissé beaucoup de chance de grandir: par malveillance ou ignorance, je ne sais, on s’est acharné sur lui. Son tronc mince a été cassé, les branches qui repartaient de la souche ont été systématiquement brisées, et pourtant, toujours il en repoussait.
     Je suis passée souvent auprès de lui, et je me désolais de le voir saccagé aussi régulièrement. Pourtant, ces derniers temps, les vandales semblent s’être calmés, et il pousse quelques branches qui n’ont pas été cassées de nouveau. Il y a quelques jours, j’ai eu l’heureuse surprise de voir qu’il était couvert de grandes feuilles, lui si petit et si souvent maltraité.
     J’ai pensé qu’il avait bien de l’obstination et du courage, de s’acharner à pousser de nouvelles branches alors qu’on lui faisait tant de misères. J’espère qu’il va pouvoir cette fois grandir tranquille, et que ses branches vont s’élever et à l’avenir se couvrir de grappes fleuries chaque printemps, pour le plaisir de nos yeux à tous.
Le vieil if du village
     Dans le village où vivait ma grand-mère, il y avait pas loin de sa maison, un grand if qui devait être très vieux. Son tronc était entièrement creux, et avec les autres enfants du village, nous nous y cachions au cours de nos jeux; nous y tenions facilement à plusieurs. Il était sans doute là depuis longtemps, dominant les tombes du cimetière, et je pense qu’il était bien plus vieux que le mur qui séparait celui-ci de la route; en effet, on avait ménagé dans le mur une échancrure pour la place de son tronc! Il fait partie de mes souvenirs d’enfance.
     Il m’arrive de passer, très rarement, dans le village où la maison de ma grand-mère est maintenant occupée par d’autres personnes, que je ne connais pas. Le vieil if est toujours là, comme si le temps n’était pas passé sur lui: il est toujours vert, et moi j’ai des cheveux blancs, comme ma grand-mère autrefois.
     Vieil if, combien de générations d’humains as-tu vu passer? Les enfants viennent-ils toujours se cacher dans le creux de ton tronc, au sortir de l’école?  Résistes-tu à toutes ces tempêtes qui soufflent sur nous depuis quelques années? J’espère bien repasser bientôt par la rue du village pour te saluer, vieil ami…
Le pommier de ma grand'mère
     Dans la cour de ma grand'mère, il y avait un immense pommier, pas un pommier avec un mince tronc comme dans les vergers "industriels", mais un pommier qui était un verger à lui tout seul!!!
      Il avait un tronc court et de puissantes maîtresses branches, et de sa ramure étendue, il protégeait de la chaleur du soleil d’été un vaste carré de verdure où l’on nous installait, mon frère et moi, pour des après-midi entières: deux vieilles couvertures où nous étalions nos jouets devenaient notre domaine d’enfants.
     Plus grands, nous grimpions facilement dans ses branches accueillantes où nous avions notre "coin": nous y lisions tranquillement et mon frère y jouait à "l'homme des bois". 
     Ce pommier fournissait la famille en pommes pour tout l'été, et comme il était connu dans le village, on venait parfois nous en demander. Je n'ai retrouvé depuis en aucune pomme le goût et la texture de ces pommes-là... 
     Il y a longtemps que nous avons quitté le village, et d'autres locataires ont occupé la maison. Le pommier existe-t-il encore? Je n'en sais rien mais j'en doute: je pense qu'il était déjà bien vieux en ce temps-là, et tant d'années ont passé depuis...
Les bouleaux de mon jardin
     Au fond de mon jardin, il y a quatre bouleaux. Ils me rappellent des tas de souvenirs. Je les ai cueillis dans une carrière abandonnée près de chez ma mère: ils me rappellent donc la maison de ma maman et le village où j’ai vécu une petite partie de ma vie, et les bois où j’aimais à me promener en compagnie du chien de la maison, qui n’attendais que le moment où j’allais l’emmener dans la nature.
     Quand ils étaient petits, mes deux filles étaient plus grandes qu’eux et s’amusaient à tourner autour en passant leurs mains dans les feuilles de leur sommet. Ils me rappellent donc ce temps où mes deux fifilles étaient encore des enfants et remplissait la maison de leur vitalité.
     Maintenant, ils sont bien plus grands que nous, et leurs troncs argentés portent la marque des années. Ils forment comme une allée d’ombre où l’on peut faire de mini-promenades les chauds jours d’été.
Sous leur ombrage, il y a maintenant comme un petit sous-bois où je peux mettre des plantes qui n’apprécient pas trop la lumière: c’est mon petit coin de bois…
     Je dis MERCI à mes bouleaux qui apportent tant d’eux-mêmes dans ma vie.
     Hélas, ils sont plantés sous une ligne électrique, et de temps en temps l’hélicoptère passe et on trouve qu’ils sont trop hauts! Alors un aimable élagueur vient leur couper les hautes branches, mais pas trop court pour ne pas les abimer. Toujours est-il que tous les deux ou trois ans, on leur coupe la tête.
     Il y en même un qui avait été coupé à ras du sol. Et bien, il a repoussé et est de nouveau presqu’aussi haut qu’avant! Quelle force et quelle énergie! Je l’admire…

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  • : Sur le sentier des fées
  • Sur le sentier des fées
  • : Les fées nous accompagnent dans notre vie tout en restant invisibles à nos yeux. On peut cependant pressentir leur présence à nos côtés. C'est ainsi que dans mes peintures, j'essaie de raconter la vie des fées...
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  • Gouacheuse
  • Je cherche la trace des fées et j'écoute leurs histoires... Au fond de mon jardin ou sur le chemin derrière le château, elles me murmurent qu'elles sont là!
  • Je cherche la trace des fées et j'écoute leurs histoires... Au fond de mon jardin ou sur le chemin derrière le château, elles me murmurent qu'elles sont là!

Le sentier des fées

Voyageur sur la terre,

quel est ton chemin?

Tu vas au gré des routes,

sais-tu quel est ton but?

Pressens-tu que d'invisibles présences

vibrent à tes côtés,

bienveillantes ou maléfiques?

Tu peux ici en découvrir quelques-unes...

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